Tous les trucs à piquer aux allemandes d’urgence!

On parle souvent des mamans françaises comme des wonder women qui arrivent à tout mener de front : famille, carrière, couple, copines… en restant belles et sveltes sans que ça ne leur coûte particulièrement. Et, nous les french mums, nous en tirons une certaine fierté. Mais comme tous les clichés, l’image est bien éloignée de la réalité et nombreuses sont celles d’entre-nous qui frisent le burn-out, vacillent sous la charge mentale et qui ont l’impression de ne jamais avoir assez de temps pour leurs enfants.

Vivant dans l’espace germanophone depuis plus de 10 ans et ayant eu mes 3 enfants à Zurich et Hambourg, j’ai eu le temps d’observer un autre modèle qui au début m’a irrité et qui continue parfois de me surprendre mais évidemment, il a ses bons côtés. Voici donc un florilège des trucs à piquer aux allemand(e)s de toute urgence.

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1. Le système

Tout d’abord, quand on voit nos copines françaises reprendre le boulot 10 semaines après leur accouchement, on est bien contente de bénéficier d’un système beaucoup plus généreux qui nous accorde nous seulement un congé mat’ à peu près équivalent mais surtout un congé parental rémunéré à 70% de ton salaire (plafonné à 1700€) allant jusqu’aux 12 mois de l’enfant et même 14 si le père prend au moins 2 mois.

2 semaines de congé de paternité, c’était bon du temps où les pères restaient hors de la salle d’accouchement ! (Hein, Marlène Schiappa !?)

Certes, 12 mois à la maison à parler couches et prendre des cafés avec des copines, ça paraît long pour une frenchie mais libre à toi de les écourter… Justement parce qu’il y a cette possibilité d’un vrai congé parental pour le père. Beaucoup s’en servent pour aller faire un grand voyage en famille, mais pour d’autres, c’est le père qui reste à la maison quelques mois pendant que la femme retourne bosser. Et ça, ça ne peut pas faire de mal à l’égalité homme/femme… Parce que 2 semaines de congé de paternité, c’était bon du temps où les pères restaient hors de la salle d’accouchement ! (Hein, Marlène Schiappa !?)

On adopte aussi avec joie les allocations familiales à partir du 1er enfant et d’un montant non négligeable de 204€ et jusqu’à 618€ par mois pour 3 enfants. Ben ça, on empoche avec le sourire ! Merci l’Etat allemand !

2. Une maternité écologique

La deuxième chose très présente chez les mères allemandes c’est une conscience de la nature et de l’écologie qui se retrouve tout au long de la maternité.

Alors, ça peut faire flipper quand tu as déjà accouché en France et qu’on vient te parler gaz hilarant, chant prénatal et baignoire…

Tout d’abord, l’accouchement est moins médicalisé et le recours à la péridurale n’est envisagé que s’il est expressément demandé et bien à l’avance dans le processus. Alors, ça peut faire flipper quand tu as déjà accouché en France et qu’on vient te parler gaz hilarant, chant prénatal et baignoire… mais en fait, tu t’aperçois que toi aussi tu peux le faire sans péri (non pas que ce soit mieux ou moins bien, hein !). Juste savoir que c’est possible et que ce n’est pas forcément l’âge de pierre.

Et puis, il y a l’allaitement qui est envisagé comme la chose la plus naturelle qui soit. Parfois un peu trop et tu te retrouves vite en mode vache laitière parce que la sage-femme et le pédiatre te foutent un rien la pression pour que tu ne lâches pas l’affaire. Mais quand tout se passe bien, c’est une expérience qui vaut vraiment la peine.

Les goûters aussi sont plus sains : il n’est pas rare de voir des enfants avec leur « Brotbox » remplie de concombre, de pommes ou de carottes avec quelques galettes de riz. Ici, tu ne vois pas une maman (ou une nounou) qui dégaine son paquet de BN à 4h.

Le sol des squares sont recouverts de terre ou de sable et pas d’une gomme NF spéciale squares. Et donc les enfants sont dégueux après. Mais l’hiver, tout le monde arbore son Buddelhose (=pantalon de pluie) qui ne craint pas la boue et l’été, ben tu les baignes, tes vers de terre. Et tu ne paies pas 8€ les dix minutes de balançoire au parc Monceau !

Ici on se déplace aussi volontiers à vélo avec un siège enfant à l’arrière, un chariot ou en triporteur. Pas besoin de prendre la voiture pour emmener les enfants à la crèche ! Et même si ça ne change pas drastiquement ton bilan carbone et bien cela transmet déjà aux enfants un sens de l’écologie.

Et chez le médecin, à moins d’une véritable infection, il y a peu de chance que tu vois un antibiotique. On te dira au choix : « c’est soit un virus, soit une bactérie. Ok, merci ! Mais je lui donne quoi ? Amoxiciline matin, midi et soir ? Non, non, mettez juste un oignon à côté de son lit la nuit, ça va passer. Whaat ? » Ben, du coup, je n’encombre plus la salle d’attente du pédiatre. Je fais le diagnostic moi-même : 1 feuille de laurier, une échalotte et il sera comme neuf dans 3 jours (ou sinon en rôti !).

Pour les habits, là aussi, les braderies très répandues permettent de trouver beaucoup de fringues en très bon état et cela évite d’engraisser l’industrie textile. Même si ce qu’on y trouve n’est pas toujours à mon goût de poule de luxe parisienne…

3. Le rapport à l’enfant

Quand on a à faire à nos copines germaines, ce qui frappe au début c’est (sans vouloir généraliser) cette capacité à mettre leur enfant au centre et à leur donner le temps de grandir… sans s’énerver (ou du moins pas en public). Cela peut s’expliquer d’abord par le fait qu’elles ont effectivement plus de temps (cf. le congé parental à rallonge : t’es moins stress sur les nuits quand t’as un an et pas 2 mois et demi pour reprendre le boulot…) et peut-être que quand tu as un ou deux enfants et que tu les as plus tard, tu n’es pas dans le même état d’esprit que quand tu les as à 27-30 ans et que ta carrière est encore un objectif et plus un fait d’arme. Mais de manière générale, cela peut être très bénéfique de prendre en compte le rythme de l’enfant et de le mettre au centre de ses préoccupations. Tout est affaire de juste milieu. Plus tard, les parents parlent à l’enfant d’égal à égal et cela peut faire craindre une dérive vers une dictature de l’enfant roi mais cela permet surtout de responsabiliser les enfants.

De cette attitude découle une grande confiance accordée à l’enfant qui est responsabilisé assez tôt. A 7 ans, il est rare qu’un enfant ne fasse pas ses trajets maison-école seul ou avec ses copains mais sans parents. Il va aussi à ses activités ou chez ses copains seul (si ce n’est pas trop loin bien sûr !) ce qui accorde en échange une certaine flexibilité aux parents.

Si ton enfant dessine des arcs-en-ciel jusqu’à ses 6 ans et que tu commences à avoir des doutes sur ses capacités mentales, les éducatrices ne voient pas de problème et ne te culpabilisent pas comme la maîtresse de grande section qui veut que tu rattrapes la cursive pendant l’été avant son entrée aux Mines CP.

De même, pas de pression au jardin d’enfant : si ton enfant dessine des arcs-en-ciel jusqu’à ses 6 ans et que tu commences à avoir des doutes sur ses capacités mentales, les éducatrices ne voient pas de problème et ne te culpabilisent pas comme la maîtresse de grande section qui veut que tu rattrapes la cursive pendant l’été avant son entrée aux Mines CP.

Et bien que l’expression soit française, c’est chez les allemandes que j’observe le plus un certain laissez-faire : elles ne s’embêtent pas à donner le bain tous les soirs (qui a dit que les français étaient crades ?) et l’institution de l’Abendbrot (plateau de charcut’ et crudités) libère une bonne place dans ta liste de menus de la semaine. On peut aussi en prendre de la graine pour alléger le tunnel du 18h-20h…

Grâce à vous, je trace mon chemin de maman avec d’autres options et cela ne m’en rend que plus ouverte et peut-être meilleure. Danke schön, ihr lieben !

Bref, je n’aurais jamais été la même mère si j’avais vécu en France et baigné uniquement dans le modèle franco-français. La confrontation avec une maternité différente m’a permis de découvrir autre chose et de créer le modèle qui me convient. Et tant qu’on ne me traite pas de Rabenmutter (Va savoir ce qu’elles ont fait de mal ces pauvres mamans corbeaux !) parce que j’arrive en dernier à la crèche, et bien je vous dis merci, mes copines germaines ! Grâce à vous, je trace mon chemin de maman avec d’autres options et cela ne m’en rend que plus ouverte et peut-être meilleure. Danke schön, ihr lieben !

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