Camille ou le choix de l’éducation positive

Camille est mariée et mère de deux enfants. Après une école de commerce et plusieurs années dans l'industrie textile puis alimentaire, elle décide de se réorienter et choisit de devenir coach et notamment coach en éducation positive. Elle nous raconte ici ce qui l'a amenée à ce changement.

Camille nous donne ses conseils tous les mois dans sa rubrique "éducation positive vs real life". N'hésitez pas à lui poser ​vos questions dès maintenant. (voire le formulaire en bas de l'article).

FM : Bonjour Camille ! Tu as deux enfants : un petit garçon de bientôt 4 ans ans et une petite fille de quelques mois. Tu me racontais qu'un jour, alors que ton fils refusait de s’habiller, tu as littéralement pété un plomb ! Peux-tu nous raconter ce qu’il s’est passé?

Camille : Effectivement, c'était un lundi matin vers 8h30. Stressée et pressée pour partir à l'heure au boulot. J'essayais en vain de mettre à mon fils son pantalon. J’avais déjà tout essayé : demandé gentiment, répété, menacé, élevé la voix. Rien à y faire. Il me souriait gaiment, bien décidé à ne pas l'enfiler, il courait partout dans l'appart et à un moment donné, finit par me le jeter au visage en riant ! Et là j'ai tout simplement perdu le contrôle de moi-même. Ce petit bout de chou avait réussi à me mettre dans une telle colère et fureur que je ne me suis pas reconnue. Il a fini par mettre son pantalon. J’avais gagné mais bon, à quel prix ? Des hurlements, une crise de larmes, des suffocations… Mon loulou était terrifié par cette maman en larmes qui venait de sortir de ses gonds pour une broutille, franchement je n'étais pas fière.

FM : avec le recul, saurais-tu dire ce qui s’est produit en toi ?

Camille : je crois que c’est un mélange de plusieurs choses. Il a appuyé sur LE bouton qui a tout déclenché : je me suis à la fois sentie piquée dans mon égo face à mon inefficacité à le faire coopérer et son comportement a probablement réveillé en moi de vieilles blessures d’enfance parce que je ne me suis pas sentie écoutée ni respectée.

FM : j’imagine que lorsque tu es devenue maman, tu ne t’imaginais pas avoir de telles réactions ?

Camille : oh non ! Lorsque j’étais jeune étudiante et que je faisais des baby-sittings, j’observais les différents schémas familiaux autour de moi et j’avais une idée très arrêtée de ce que serait ma famille idéale. Je m’imaginais en maman affectueuse et ouverte à la communication avec des enfants bien élevés, qui diraient spontanément « bonjour », « s'il te plaît » et « merci ». Chez nous il n'y aurait ni capricieux, ni petit monstre colérique. J'observais alors d'un œil critique ces enfants que je jugeais « insupportables » ou « insolents ». Je pensais souvent que leurs parents étaient trop laxistes ou qu’ils avaient loupé quelque chose.

Mais oui, soyons honnête, tout ça c'était avant que je ne devienne maman...

FM : que s’est-il passé lorsque tu es passée du rêve à la réalité ?

Camille : euh... j'ai ​rapidement déchanté ! Après la naissance de mon premier, alors que mon fils avait à peine 20 mois, je me suis vraiment trouvée démunie face à ses comportements plus que déconcertants ! Je luttais au quotidien, attendant avec impatience chaque nouvelle phase en espérant que ce serait plus facile. Mais j’ai dû m’avouer que le rôle de parent était loin d'être aussi naturel et évident que je me l’étais imaginé. Je me sentais en échec total et carrément nulle en matière d'autorité !
Je vivais en quelque sorte "mon job de maman" comme une bataille, un vrai défi quotidien : le faire obéir pour s'habiller, manger, mettre ses chaussures, prêter ses jouets, gérer ses crises de colère bien embarrassantes dans la rue… Tout me paraissait compliqué !
Un soir, j'y repensais, désarmée, honteuse, et surtout triste en fait. Je me disais « Mais où était donc passée l'adolescente si sûre d'elle sur la façon dont elle éduquerait ses enfants ? Et la vie de famille harmonieuse dont j'avais tant rêvé ? »

FM : et qu’as-tu mis en place pour sortir de cette situation ?

Camille : C'est en tombant sur un témoignage vidéo d'une maman dont le discours a tout de suite fait écho en moi que tout a commencé. Elle expliquait s'être formée à la discipline positive et être passée depuis de 80% de stress éducatif à 90% de plaisir avec ses enfants. Comment était-ce possible ? Je restais sceptique mais l'assurance et l'optimisme de cette mère m'intriguaient. C’est ce qui m’a poussée à me pencher davantage sur le sujet.

Il s'agit en réalité d'une véritable philosophie de vie qui, sur le papier, m’a immédiatement séduite.

À partir de ce jour, j’ai pris la décision d’être une meilleure maman, plus posée. C’est ainsi qu’a débuté mon cheminement (ponctué d’embûches) vers l’éducation positive et ma formation en tant que coach à la parentalité positive.

La discipline positive, venue tout droit des Etats-Unis, a été fondée au début du 20ème siècle sur le travail d’Alfred Adler et Rudolf Dreikurs. Elle a été reprise par Jane Nelsen, maman de 7 enfants. Il s'agit d'une méthode éducative à mi-chemin entre la méthode traditionnelle, stricte et autoritaire et l’approche laxiste où tout est permis. Ni permissive, ni punitive donc, on y enseigne aux enfants des compétences telles que l'estime de soi, la coopération, l’autodiscipline, l’empathie, le respect de soi et des autres et bien plus encore.

La coopération de nos enfants s’obtient ainsi non pas en menaçant ou en donnant des ordres mais plutôt en recourant aux questions de curiosité ou en offrant des choix limités. Il est préférable de leur faire expérimenter certaines choses plutôt que de leur répéter 10 fois des injonctions afin qu'ils retiennent pour de bon.

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